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Rencontres EIST 2009 (Enseignement intégré de science et technologie au collège)

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Petites histoires de science
Paul Caro (CNRS)

14 mai 2009

(Conférence modérée par Virginie Gohin)
Depuis son apparition au début du XVIIe siècle, la science moderne a pénétré la société grâce aux récits que ses découvertes permettent aux romanciers, aux littérateurs et quelquefois aux savants eux-mêmes de construire pour le divertissement du public. Romances, science-fiction, merveilleux fantastique, films, bandes dessinées, mangas, etc. empruntent aujourd’hui beaucoup d’éléments de scénarios et de décors au monde scientifique et technique. Par exemple, les séries télévisées du matin destinées aux enfants décrivent des univers dans lesquels la science et la technique (souvent fantaisistes) sont utilisées par les bons comme par les méchants, associant ainsi le savoir à un certain pouvoir violent. Le savant "fou", et "dangereux", est un personnage littéraire depuis Frankenstein (1817).
Les récits de science ne sont pas différents des autres productions de la littérature. Articles de journaux ou de revues hebdomadaires, émissions de radio, racontent une histoire. Celle-ci est construite sur des principes qui sont très proches de ceux qui se rencontrent dans les contes merveilleux du folklore. Les procédés littéraires utilisés font appel à des ressorts dramatiques qui comportent des personnages humains (au premier rang le savant lui-même, bien sûr), animaux (mammifères, marins ou loups), ou inanimés (bons comme les vitamines ou mauvais comme la dioxine). Le récit se situe dans un décor (le désert est très utilisé). Les circonstances sont souvent exceptionnelles : catastrophes, cataclysmes, etc. La mise en scène des catastrophes à venir engendre évidemment l’émotion, voire la peur (même si, souvent, les arguments scientifiques avancés sont, en fait, peu convaincants). Les monstres (comme les dinosaures) sont largement utilisés et la crème de la vulgarisation scientifique est évidemment le récit de création, la description des origines de l’Univers (terrain de prédilection des astronomes) ou celles de l’humanité (les préhistoriens). Pour raconter ces histoires, le "voyage de Gulliver" à travers le passé, l’infiniment grand ou l’infiniment petit est un "truc" classique qui s’accommode bien de l’image.
Ces récits sont reçus par le public avec plaisir, d’autant plus que beaucoup d’articles de "vulgarisation" sont écrits par des journalistes de talent qui font passer la connaissance à travers l’intérêt d’une histoire. Les sources d’information pour la rédaction de ces histoires se trouvent dans l’immense corpus de la littérature scientifique et technique, l’ensemble des revues professionnelles des chercheurs. En fait, ce sont surtout deux revues hebdomadaires pluridisciplinaires anglo-saxonnes "Science" (USA) et "Nature" (UK) qui sont utilisées par les journalistes. On montre deux exemples de sources possibles : l’un pour l’histoire de la découverte des restes d’un serpent géant en Colombie, l’autre sur le rôle de bombardements d’astéroïdes pour sortir la Terre de son état gelé initial.
Si les enseignants pouvaient utiliser la littérature scientifique où s’exprime la science contemporaine pour construire de petites histoires de science à l’attention de leurs élèves, ceux-ci pourraient prendre plaisir à ces récits.

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Non disponible Paul Caro (CNRS)
Paul Caro est directeur de recherche honoraire au CNRS, correspondant de l’Académie des sciences, membre de l’Académie des technologies.