Conférences-débats de l’Association Emmaüs et de l’École normale supérieure
| | La résilience. Comment se reconstruire après des difficultés ?
Jacques Lecomte (Paris X Nanterre)
[21 octobre 2009 à 14h30]
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Deux éléments sont essentiels pour la reconstruction psychologique des personnes ayant subi un ou plusieurs traumatismes : le lien, c’est-à-dire des relations interpersonnelles marquées par l’empathie, l’affection et la considération ; le sens, c’est-à-dire un processus de réflexion personnelle. En outre, lorsqu’il s’agit d’enfants et de jeunes (voire d’adultes en grosse difficulté), un élément supplémentaire est nécessaire, que l’on peut qualifier de loi (au sens de loi symbolique, de repères, de cadre éducatif structurant).
Ce qui conduit au "triangle de la résilience" : une personne en souffrance peut créer du sens dans son existence lorsqu’elle a la possibilité de s’appuyer sur d’autres personnes qui sont en lien avec elle et posent un cadre structurant.
Certains, notamment parmi les travailleurs sociaux, sont de véritables "tuteurs de résilience" qui jouent un rôle central dans l’émergence et le développement de la résilience d’autres êtres humains. Une métaphore qui rend bien compte de deux aspects importants de leur rôle : ils constituent un repère solide pour autrui tout en le laissant se développer à sa manière.
Conférence suivie d’un débat.
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Enregistrement audio de l’exposé de Jacques Lecomte
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Enregistrement audio des questions à Jacques Lecomte
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| Jacques Lecomte (Paris X Nanterre) Jacques Lecomte est docteur en psychologie, chargé de cours à l’université Paris Ouest-La Défense et à la faculté de sciences sociales de l’Institut catholique de Paris. Il a été responsable pendant six ans de la rubrique "Psychologie" au sein du magazine Sciences humaines. Il a publié plusieurs ouvrages, parmi lesquels Le Bonheur est toujours possible. Construire la résilience (avec S. Vanistendael, Bayard, 2000), Guérir de son enfance (Odile Jacob, 2004) et Donner un sens à sa vie (Odile Jacob, 2007). |
Conférences-débats de l’Association Emmaüs et de l’École normale supérieure
L’Association Emmaüs et l’École normale supérieure organisent conjointement un cycle de conférences-débats intitulé La rue ? Parlons-en !. Une fois par trimestre, l’association invite des personnalités issues de la recherche en sociologie, psychiatrie, philosophie, anthropologie, histoire... afin de rapprocher la réflexion de type universitaire des réflexions relatives à l’action sociale menée sur le terrain. Ces conférences-débats sont gratuites, ouvertes à tous et sans inscription préalable : grand public, travailleurs sociaux, bénévoles, militants...
Pour en savoir plus sur ce cycle ...
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Liste complète des enregistrements de ce cycle par ordre chronologique :
- Pauvreté et stratégies de survie du 21 novembre 2007 — Laurence Fontaine
Quand le quotidien n’est plus assuré, que signifient les mots stratégie, survie et famille ? La pauvreté n’est pas seulement un état dont les seuils seraient facilement repérables : c’est un phénomène relatif, socialement construit et qui dépend des perceptions que chacun a de soi et de son environnement. Et c’est aussi un risque qui, comme tel, demande des capacités à envisager le futur.
À partir de cette double approche, perception de soi et risque, Laurence Fontaine examine les stratégies de survie que les familles et les individus tentent de mettre en œuvre dans des environnements changeants. Elle insiste sur le rôle que joue la diversité des économies politiques et des cultures dans les capacités de prévision et dans la palette des stratégies possibles.
Introduction par Marylène Meston de Ren (Secrétaire général de l’ENS) et Jean-Charles Darmon (Directeur adjoint Lettres de l’ENS). Débat avec Laurence Fontaine et Didier Cusserne (délégué général de l’Association Emmaüs).
Publication aux Éditions Rue d’Ulm : Laurence Fontaine, Pauvreté et stratégies de survie (2008)
- Le travail au noir, une fraude parfois vitale ? du 30 janvier 2008 — Florence Weber
Le maintien, voire l’augmentation du travail au noir dans les économies développées sont révélateurs des dysfonctionnements durables du marché du travail et des politiques fiscales et sociales. Sans chercher à unifier le phénomène, Florence Weber distingue les différentes règles qu’il transgresse. Elle s’attache ensuite à deux enquêtes ethnographiques significatives, dans la Bourgogne industrielle des années 1980 et dans la région parisienne des années 2000. Épouses bénéficiant des droits sociaux de leur conjoint, femmes seules ou travailleurs sans papiers enfermés dans des carrières au noir, sans-abri faisant feu de tout bois, prestataires de l’aide sociale, professionnels ou bénévoles en quête de reconnaissance, les stratégies, parfois inévitables, parfois risquées, mises en œuvre par les individus sont très diverses, revêtant une double dimension économique et morale ; et ceux qui les observent de près sont confrontés à de véritables dilemmes. Entre la tolérance bien informée et la réforme des politiques fiscales et sociales, la solution n’est-elle pas à chercher du côté d’une économie mondiale qui construirait des droits sociaux au lieu de s’adonner à une course au profit sans règles ?
Introduction par Didier Cusserne (délégué général de l’Association Emmaüs) et Claude Michaud (président de l’Association Emmaüs). Débat avec Florence Weber.
Publication aux Éditions Rue d’Ulm : Florence Weber, Le Travail au noir : une fraude parfois vitale ? (2008)
- Hébergement d’urgence, quelle politique ? du 8 octobre 2008 — Étienne Pinte
Comment pouvons-nous accepter qu’aujourd’hui des gens soient contraints de vivre dans la rue, dans des hébergements inadaptés ou des logements indignes ? Le nombre de places dans les 115 CHU (Centres d’hébergement d’urgence) ne cesse d’augmenter, et pourtant ceux-ci n’arrivent pas à faire face aux demandes. On constate un nombre grandissant de personnes souffrant de troubles psychiatriques pour lesquelles aucune solution n’est prévue. Les CHU et les CHRS (Centres d’hébergement et de réinsertion sociale) sont pleins car l’accès au logement est de plus en plus difficile. En région parisienne, ils sont peuplés à 30 % de travailleurs trop pauvres pour payer un loyer.
Au terme de six mois de mission parlementaire, Étienne Pinte fait des propositions concrètes pour prévenir la mise à la rue, améliorer l’accueil et l’accompagnement dans les dispositifs d’hébergement avec une meilleure prise en compte des publics les plus fragiles, et faciliter la sortie vers des logements adaptés.
Conférence suivie d’un débat.
Publication aux Éditions Rue d’Ulm : Étienne Pinte, Hébergement d’urgence : quelle politique ? (2009)
- Vers une citoyenneté urbaine ? du 28 janvier 2009 — Jacques Donzelot
La construction de l’État-providence s’est accompagnée de la proclamation d’une citoyenneté sociale. Venant après la citoyenneté civile inventée au XVIIIe siècle et la citoyenneté politique imposée au XIXe, cette citoyenneté sociale se met en place au milieu du XXe siècle. Elle correspond à la reconnaissance de droits sociaux de portée universelle, garants de l’égale dignité de tous selon la déclaration des droits de l’homme de l’ONU en 1948.
Ces droits sociaux ne suffisent cependant pas pour garantir la dignité aux populations reléguées dans les cités sociales excentrées ou les inner cities, qui ne disposent pas de chances suffisamment crédibles d’accéder à une place convenable dans la société. La ville sépare autant et plus qu’elle ne rassemble. Aussi faut-il prolonger le projet de satisfaction des besoins vitaux par celui de l’accroissement de l’égalité des chances entre les individus. Le XXIe siècle sera-t-il celui de la citoyenneté urbaine ?
Conférence suivie d’un débat.
Publication aux Éditions Rue d’Ulm : Jacques Donzelot, Vers une citoyenneté urbaine ? (2009)
- De la précarité sociale à l’auto-exclusion. Quand l’exclusion sociale conduit à se couper de soi-même : quel accompagnement ? du 8 avril 2009 — Jean Furtos
Tout sujet humain plongé dans un environnement excluant est susceptible, pour se protéger de cette souffrance, de développer un syndrome d’auto-exclusion : une sorte de grève de la subjectivité avec soi-même et avec autrui, qui arrête le mouvement du temps dans une forme de disparition du sujet. Le conflit entre les droits de l’homme et les flux abstraits d’argent, de marchandises et d’individus, en attente d’une régulation nouvelle des grands groupes humains, est affirmé comme le déterminant majeur de l’auto-exclusion, qui touche non seulement les plus démunis, mais aussi ceux qui semblent avoir "tout pour être heureux" : en effet, la précarité ici définie se différencie radicalement de la pauvreté, qu’elle peut à l’évidence accompagner et produire. La précarité, dans sa forme actuelle, est la misère des pays riches, exportable dans le monde entier.
Conférence suivie d’un débat.
Publication aux Éditions Rue d’Ulm : Jean Furtos, De la précarité sociale à l’auto-exclusion (2009)
- La résilience. Comment se reconstruire après des difficultés ? du 21 octobre 2009 — Jacques Lecomte
Deux éléments sont essentiels pour la reconstruction psychologique des personnes ayant subi un ou plusieurs traumatismes : le lien, c’est-à-dire des relations interpersonnelles marquées par l’empathie, l’affection et la considération ; le sens, c’est-à-dire un processus de réflexion personnelle. En outre, lorsqu’il s’agit d’enfants et de jeunes (voire d’adultes en grosse difficulté), un élément supplémentaire est nécessaire, que l’on peut qualifier de loi (au sens de loi symbolique, de repères, de cadre éducatif structurant).
Ce qui conduit au "triangle de la résilience" : une personne en souffrance peut créer du sens dans son existence lorsqu’elle a la possibilité de s’appuyer sur d’autres personnes qui sont en lien avec elle et posent un cadre structurant.
Certains, notamment parmi les travailleurs sociaux, sont de véritables "tuteurs de résilience" qui jouent un rôle central dans l’émergence et le développement de la résilience d’autres êtres humains. Une métaphore qui rend bien compte de deux aspects importants de leur rôle : ils constituent un repère solide pour autrui tout en le laissant se développer à sa manière.
Conférence suivie d’un débat.
- Mutation du travail et nouvelles classes sociales : où allons-nous ? du 3 février 2010 — Christian Baudelot
Le travail n’est plus aujourd’hui un facteur de reconnaissance et d’ascension sociale, ni une source de satisfaction, voire de bonheur, pour beaucoup d’individus. Une nouvelle classe est apparue dans notre société, celle des travailleurs pauvres. Comment s’est fait ce changement, où va-t-il mener ?
Consulter les autres cycles du même groupe :