Conférences du Club Montagne Sainte-Geneviève
| | Pour en finir avec la fin de l’Art et avec les œuvres d’art sans fin
Tristan Garcia (ENS)
[17 octobre 2009 à 15h00]
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Cette intervention se proposera de dresser un tableau le plus suggestif possible des mythes récents d’une fin de l’Art :
– soit qu’on considère (option post-hégélienne) que l’histoire de la culture occidentale nous conduit vers un dépassement de la simple possibilité d’une expression de l’Esprit dans ses œuvres,
– soit qu’on considère (option post-kantienne) que l’artistique se dissout finalement dans le règne ambiant (regretté par certains, célébré par d’autres) de l’esthétique, du beau dans la mode, dans la cuisine, dans les disciplines culturelles du corps, dans les publicités autant que dans les œuvres,
– soit qu’on considère (option analytique) qu’"Art" n’est plus pour nous qu’un mot, un mauvais prédicat que nous sommes dans l’impossibilité, désormais, de définir.
À partir d’une critique de ces mythes qui sont encore les nôtres, une certaine redéfinition du "moderne" et du "contemporain" sera proposée : l’homme moderne est celui qui ne croit plus à la représentation du monde parce qu’il a mis toute sa foi dans la représentation réflexive ; l’homme contemporain est celui qui ne croit plus à la représentation du monde parce qu’il n’a plus foi qu’en la seule présence. Nous essaierons, dans notre rapport aux arts humains démystifiés, de dessiner une position qui ne retombe dans les ornières ni du premier ni du second.
Suggestions bibliographiques :
• Theodor W. Adorno, Théorie esthétique, Klincksieck, 2001.
• Morris Weitz, "Le Rôle de la théorie en esthétique" (1956), traduction de Danielle Lories, in Philosophie analytique et esthétique, Klincksieck, 1988.
• Allan Kaprow, Essays on the Blurring of Art and Life, éd. Jeff Kelley, University of California Press, 1993.
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Enregistrement audio de l’exposé de Tristan Garcia
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Document relatif à l’exposé de Tristan Garcia
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| Tristan Garcia (ENS) Tristan Garcia enseigne à l’université d’Amiens (Picardie-Jules Verne) depuis six ans. Il a publié un ouvrage philosophique sur L’Image (Atlande, 2008) et un roman (La Meilleure Part des hommes, Gallimard, 2008). Son second roman, Mémoires de la Jungle, sortira en mars 2010. Il a soutenu une thèse (à paraître) intitulée Arts anciens, arts nouveaux. Les formes de nos représentations de l’invention de la photographie à aujourd’hui sous la direction de Sandra Laugier. |
Conférences du Club Montagne Sainte-Geneviève
Le Club Montagne Sainte-Geneviève se présente avant tout comme une tribune offerte à des chercheurs aux thèses originales, qui relient différents domaines du savoir entre eux. Il prend la forme d’une interface entre la pointe de la recherche et les étudiants, en laissant, en marge des exposés, un espace à l’échange informel et en invitant les intervenants à replacer leurs travaux, à les réinscrire dans un véritable procès de recherche. Le CMSG est le résultat de l’association d’étudiants issus de disciplines allant des sciences formelles aux sciences sociales en passant par la philosophie et les sciences de la nature. Il s’est formé dans une optique multidisciplinaire, moins en proposant des thèmes totalement transversaux – en existe-t-il seulement ? – qu’en suscitant le croisement de perspectives multiples sur une question donnée.
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Liste complète des enregistrements de ce cycle par ordre chronologique :
- Pour en finir avec la fin de l’Art et avec les œuvres d’art sans fin du 17 octobre 2009 — Tristan Garcia
Cette intervention se proposera de dresser un tableau le plus suggestif possible des mythes récents d’une fin de l’Art :
– soit qu’on considère (option post-hégélienne) que l’histoire de la culture occidentale nous conduit vers un dépassement de la simple possibilité d’une expression de l’Esprit dans ses œuvres,
– soit qu’on considère (option post-kantienne) que l’artistique se dissout finalement dans le règne ambiant (regretté par certains, célébré par d’autres) de l’esthétique, du beau dans la mode, dans la cuisine, dans les disciplines culturelles du corps, dans les publicités autant que dans les œuvres,
– soit qu’on considère (option analytique) qu’"Art" n’est plus pour nous qu’un mot, un mauvais prédicat que nous sommes dans l’impossibilité, désormais, de définir.
À partir d’une critique de ces mythes qui sont encore les nôtres, une certaine redéfinition du "moderne" et du "contemporain" sera proposée : l’homme moderne est celui qui ne croit plus à la représentation du monde parce qu’il a mis toute sa foi dans la représentation réflexive ; l’homme contemporain est celui qui ne croit plus à la représentation du monde parce qu’il n’a plus foi qu’en la seule présence. Nous essaierons, dans notre rapport aux arts humains démystifiés, de dessiner une position qui ne retombe dans les ornières ni du premier ni du second.
Suggestions bibliographiques :
• Theodor W. Adorno, Théorie esthétique, Klincksieck, 2001.
• Morris Weitz, "Le Rôle de la théorie en esthétique" (1956), traduction de Danielle Lories, in Philosophie analytique et esthétique, Klincksieck, 1988.
• Allan Kaprow, Essays on the Blurring of Art and Life, éd. Jeff Kelley, University of California Press, 1993.
- Le temps dans la physique relativiste du 16 janvier 2010 — Marc Lachièze-Rey
Je défendrai l’idée que les théories de la relativité se caractérisent par la
disparition du temps. J’analyserai les statuts des notions temporelles qui peuvent y être définies : durées propres, causalité, simultanéité… En montrant la cohérence de ce point de vue, j’envisagerai le cas de la cosmologie. Et j’évoquerai quelques aspects du problème du temps dans les approches contemporaines de la gravité quantique.
- Ontophylogenèse du 20 février 2010 — Jean-Jacques Kupiec
La théorie du programme génétique repose sur l’idée que les interactions des molécules biologiques sont spécifiques. Au contraire, des données récentes montrent que les protéines manquent de spécificité. Elles peuvent interagir avec de nombreux partenaires moléculaires. En conséquence, les interactions moléculaires sont intrinsèquement stochastiques. Cela contredit la théorie du programme génétique à sa racine. La prise en considération de ce manque de spécificité des protéines nécessite l’élaboration d’une nouvelle théorie de l’organisation biologique.
- Complexité, simplicité et cognition du 20 mars 2010 — Jean-Louis Dessalles
En 1999, Nick Chater publia un article fondateur intitulé : "The Search for Simplicity: A Fundamental Cognitive Principle?" Il est probable qu’il ait même, à l’époque, sous-estimé la portée de ce principe de simplicité, dont nous commençons à mesurer l’importance, jusque là insoupçonnée, dans l’organisation de notre vie mentale. Notre cerveau calcule la simplicité dans des traitements allant de la perception visuelle à la prise de décision, en passant par le sentiment esthétique ou les probabilités subjectives. Le principe de simplicité permet de faire des prédictions qualitatives et quantitatives dans des domaines traditionnellement réputés opaques à la modélisation. Je prendrai notamment l’exemple des facteurs qui contrôlent l’intérêt des événements (dans les news ou les narrations spontanées) pour montrer que les événements intéressants, ceux dont nous parlons, s’accompagnent systématiquement d’un contraste de complexité.
Consulter les autres cycles du même groupe :